Alimentation – Comment bien le nourrir?

L’alimentation du cheval est un vaste sujet, voici ici ma propre expérience concernant l’alimentation des équidés afin qu’elle soit la plus naturel possible.

Certes cela demande des efforts,  mais chaque effort que nous faisons en ce sens augmente les années de vie que nous partagerons avec notre compagnon équin. Et lui permettront de vieillir le mieux possible…
Alors est-ce que ça n’en vaut pas la peine? Oui je pense!
 Pour comprendre comment nourrir votre cheval, il faut d’abord comprendre comment il digère. On peut distinguer deux grandes parties dans la digestion du cheval :

 

  • La première partie de sa digestion est chimique. C’est à dire qu’elle se fait grâce à des substances appelées enzymes qui sont produites par le corps du cheval et « attaquent » essentiellement les glucides et protéines contenues dans les céréales. Ces substances sont la salive dans la bouche, l’acide gastrique dans l’estomac puis les sucs pancréatiques, la bile et les acides biliaires déversés dans l’intestin grêle. Le cheval est peu performant pour cette digestion chimique. De plus, la contenance de son estomac n’est que de 15L environ, ce qui est très peu! Quelle conclusion en tirez-vous?
  •  La deuxième partie de sa digestion est microbienne. C’est à dire que les aliments sont « attaqués » par la grande quantité de microbes contenus dans le gros intestin du cheval. Ces microbes constituent ce qu’on appelle la « flore microbienne » du cheval et travaillent donc pour lui. C’est cette flore qui est endommagée quand on donne des antibiotiques à un cheval. Le gros intestin étant la plus grande partie de son tube digestif, le cheval est très performant dans cette digestion microbienne. Et savez-vous quel type d’aliments elle permet de digérer? Les fibres végétales, donc l’herbe, le foin, la paille et autres plantes. C’est donc ce qui doit composer la plus grande partie de l’alimentation du cheval.

Et surtout n’oublions pas qu’un équidé étant herbivore, son régime se compose de végétaux : herbes, plantes, feuilles, écorces, racines, graines etc. Ces éléments sont les seuls qu’il puisse digérer et donc dont il puisse retirer quelque chose.

 

Ceci étant dit, la variété des aliments proposés est très importante pour couvrir l’ensemble des besoin du cheval. S’il vit au box, le foin et la paille doivent constituer la base de son alimentation. Mais il ne suffit pas de lui en donner à volonté, il faut encore essayer de lui en fournir de différentes natures pour s’assurer que tous ses besoins soient couverts. Il vous paraît surement évident que l’avoine ne contient pas les mêmes éléments que l’orge, n’est-ce pas? Et bien c’est la même chose pour la tige de ces deux céréales! De même, au pré, il est essentiel que le cheval ait à disposition une grande variété de plantes. Alors ne vous précipitez pas sur les désherbants quand vous voyez des « mauvaises herbes » dans le pré de votre cheval : il se peut qu’elles aient pour lui des qualités nutritives intéressantes. Par exemple, il pousse parfois de l’avoine sauvage dans un champ non traité, ou encore des orties, très riches en fer et qui améliorent la qualité du poil ; des pissenlits, riches en potassium, diurétiques et stimulants pour le système digestif ; du fenugrec (plante qui ressemble au trèfle mais avec de plus longues tiges), qui stimule la lactation des poulinières, accélère la prise de muscle et stimule la pousse de la corne, etc. Pour la même raison, il vaut mieux choisir un foin bio ou au moins peu traité. Ce qu’il faut retenir : donnez des plantes et variez variez variez!!

 

Quand aux céréales, comme vous l’avez compris si vous avez suivi la digestion chimique, il n’est pas bon d’en donner de grandes quantités. D’une part parce que leur digestion demande au pancréas et au foie un effort anormal, et d’autre part parce que le cheval ne peut en digérer qu’une petite quantité par jour, à savoir 2L environ. Le surplus ne fait donc que fatiguer son système digestif et charger son corps de toxines avant de se retrouver dans ses crottins. Elles doivent donc uniquement représenter un complément à son alimentation de base, herbe ou foin et paille. Si on choisit d’en donner, il faut donc bien calculer les doses en fonction des besoins du cheval. Et choisir la céréale avec soin. L’avoine, très utilisée, est considérée à tord comme une céréale qui donne de l’énergie. En réalité il s’agit plus d’un excitant comme peut l’être le café pour nous. Par ailleurs, elle est irritante pour les muqueuses intestinales : à utiliser avec modération. Le maïs est une céréale très digeste et très riche qui permet de faire prendre de l’état assez rapidement. Elle ne doit donc pas être utilisée pour les poneys ou autres chevaux susceptibles de faire une fourbure. L’orge est la céréale la plus passe partout : digeste, appréciée des chevaux et d’une composition équilibrée elle convient à presque tous les chevaux. Je dis presque car il semblerait qu’elle puisse provoquer des diarrhées chez certains. Comme toujours, il faut essayer et voir ce qui convient le mieux à chaque cheval! Les céréales telles quelles étant difficile à digérer pour le cheval du fait de l’enveloppe épaisse qui les entoure, je vous conseille fortement de les faire germer. Ainsi, toutes leurs propriétés seront activées naturellement par le processus de germination, et le cheval pourra pleinement profiter des protéines, oligoéléments et vitamines qu’elles contiennent! En résumé, choisissez la céréale la mieux adaptée à votre cheval, faites-la germer et donnez-en une petite quantité : vous ferez ainsi des économies et il se sentira plus léger! Pensez à l’état dans lequel vous vous trouvez après un repas trop riche pendant les fêtes par exemple. Souhaitez-vous cela pour votre cheval? Et pensez-vous que dans cet état il est dans les meilleurs conditions pour travailler?

 

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Si vous optez pour un mélange tout prêt, plus cher mais beaucoup plus simple à stocker, à préparer et à utiliser, faites attention à sa qualité. Beaucoup de mélanges type granulés sont enrichis en sucre, par exemple, et pauvres en éléments bien plus importants pour le fonctionnement de l’organisme comme le fer, le potassium, le calcium, les vitamines etc. Regardez bien la composition des aliments et pensez qu’un aliment plus cher parce que de meilleure qualité sera distribué en plus petites quantités parce qu’il sera beaucoup plus facilement digéré et assimilé par le cheval. Et si vous m’avez suivie jusqu’ici, vous vous souvenez que la contenance de l’estomac du cheval n’est que de quelques litres. Il vaut donc mieux donner de petites quantités d’un aliment équilibré et de bonne qualité plutôt qu’une grande quantité d’un aliment peu cher qui finira de toute façon dans les crottins!

 

Dans tous les cas, pensez à fournir un complément minéral à votre cheval. Préférez un complément naturel. Personnellement, je conseille le sel de Guérande gris : sa couleur est due au fait qu’il a reposé sur une terre argileuse naturellement riche en minéraux dont il s’est chargé. Ces minéraux sont d’origine végétale et donc parfaitement assimilables par le cheval. Le saviez-vous? Un cheval n’est pas capable d’assimiler et donc d’utiliser un élément minéral qui n’a pas été « préparé pour lui » par une plante. Ça invite à vérifier les étiquettes des compléments hors de prix qu’on lui achète, non?

 

Ces principes ne sont pas toujours évidents à respecter, surtout quand notre cheval vit dans une écurie où nous ne pouvons pas tout contrôler! Mais chaque effort que nous faisons en ce sens augmente les années de vie que nous partagerons avec lui. Est-ce que ça n’en vaut pas la peine?

 

Laure Souquet
laure.souquet@wanadoo.fr
0033 (0)6 19 12 02 37

 


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  2. Zoired

    Bonjour,
    Pouvez-vous indiquer la quantité à donner par jour pour le sel de Guérande gris non traité. J’imagine qu’il ne faut pas dépasser certaines doses non plus. Merci d’avance.

    • Bonjour,
      Mon principe est de laisser le cheval s’autogérer, et donc de lui laisser les ressources en libre service, comme vous le feriez avec une pierre à sel.

      • Zoired

        Merci ! Belle journée à vous.

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  7. aude

    bonjour, quelle dose d’orge germé faut-il donner à un poney de 1m40 qui travaille 4/5jours semaine environ 1h ? (bien sûr en + de l’herbe, du foin et de la paille )

    • Bonjour,

      Il ne m’est pas possible de vous conseiller une dose si je ne connais pas l’état général de votre poney : poids, embonpoint, musculature etc, ainsi que l’intensité des séances et la quantité de nourriture qu’il reçoit autrement, son mode de vie etc.

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Mes compagnons vivent toute l’année (365 jours/an) à l’extérieur en pâture.
Nous pratiquons ce régime pour nos chevaux depuis plus de dix ans avec succès, un prix de revient nettement inférieur à ce que nous faisions précédemment et une facture de vétérinaire et de pharmacien pratiquement nulle.
Nous disposons de +/- 2ha de prairies variées, en bio depuis une quinzaine d’années, pour quatre chevaux baroques (voir libellé Ittre ; nos chevaux). Les chevaux vivent à l’extérieur une grande partie de l’année (+/- 8 mois par an) et sont rentrés à l’écurie la nuit de décembre à fin mars sauf si les conditions atmosphériques permettent qu’ils restent plus longtemps dehors ou non.
Donc, outre le pâturage, la paille et le foin, les chevaux sont nourris d’octobre à mai avec les aliments suivants : épeautre non-décortiqué, graines lin, graines de sésame, graines de tournesol ; l’ensemble trempé 12h00 et germé de 12 à 24 heures supplémentaires. Additionné en cure ou ponctuellement d’algues Kombu en poudre, de sel marin non-raffiné, de figues séchées, de fruits frais de saison et issus de variétés anciennes (poires, pommes) et l’hiver de betteraves fourragères et d’orties séchées. Tous ces aliments sont idéalement issus de l’agriculture biologique pour un rendement optimal. De plus, les chutes de haies, aubépine, hêtre et charme, sont mises à disposition des chevaux à chaque taille, deux fois par an. Ainsi que les fauches d’orties durant toute la saison estivale. Ils raffolent également des fruits sauvages des arbres qui peuvent border les près comme les châtaignes, marrons, noisettes, noix et nèfles…De plus, les apports « sauvages » sont laissés à discrétion et chaque cheval adapte sa consommation à ses besoins.
On comprend ici que la diversité et le respect des saisons sont deux des clés fondamentales de réussite pour une alimentation respectueuse de la physiologie digestive du cheval.Parlons maintenant de quantité ! Voilà un sujet bien difficile à aborder tant il est variable. En effet, selon la saison, le travail effectué, l’état et l’âge du cheval, il va falloir s’adapter et surtout bien observer en essayant de comprendre ce que le cheval nous dit.Un animal en bonne santé doit être vif et bien éveillé mais sans stress, avoir une belle robe soyeuse et brillante, un œil gai avec une lueur de moquerie. De beaux sabots bien ronds et brillants à la corne solide et saine, son caractère doit être espiègle et joueur.

A titre d’exemple, une ration d’entretien pour un cheval en bonne santé, travaillant une heure par jour dans des conditions normales et ayant par ailleurs accès à la prairie, du foin et de la paille de qualité :

En hiver :
½ litre d’épeautre et 1c.s. de lin, tournesol et sésame. Trempés 12h00 , ensuite rincés abondamment et égouttés . Rincés toutes les douze heures pendant 24h00.
De plus :
– 1c.s. d’algue Kombu en poudre ou 1c.c. de sel marin
– 1 figue séche ou 1 pomme en morceaux ou 1 poire en morceaux
– 1 betterave fourragère lavée en morceaux grossiers ou entière

Au printemps à la pousse de l’herbe :
½ litre d’épeautre. Trempés 12h00 , ensuite rincés abondamment et égouttés . Rincés toutes les douze heures pendant 24h00.
De plus :
– 1c.s. d’algue Kombu en poudre ou 1c.c. de sel marin.

En été :
Rien ou ½ litre d’épeautre. Trempés 12h00 , ensuite rincés abondamment et égouttés . Rincés toutes les douze heures pendant 24h00.
De plus :
– Pierre de sel de l’Himalaya à disposition en pâture
– Taille de haie comestible (charme, hêtre, aubépine, orties)

En automne :
½ litre d’épeautre. Trempés 12h00 , ensuite rincés abondamment et égouttés . Rincés toutes les douze heures pendant 24h00.
De plus :
– fruits de saison
– fruits sauvages (châtaignes, marrons, nèfles, noisettes, noix…)
– fruits secs (figues).

 

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